Moi je ne vis qu'a travers ses yeux.
Je t'entends encore nous comparer à Bonnie et Clyde, fredonnant de ta voix grave cette chanson que l'on aime tant. Tes cheveux brillent dans cette lumière, ils irradient alors que le jour meurt, et je sens que c'est une ébauche de bonheur. Mon coeur ne bat ni plus vite, ni plus lentement, il est paisible posé contre le tiens. Je sais que l'on nous envie, que l'on nous admire, que l'on nous injurie, que l'on nous méprise. Je ne peux cependant pas rester calme en ta présence, alors j'espère que tu ne m'en voudras pas d'être euphorique, de rire sans raison, d'être lunatique et égocentrique. Les jours passent et ne se ressemblent pas.
C'est lui qui m'a trouvé, vangabonde des boulevards. J'étais perdue, complètement paumée au milieu de l'existence, sans espoirs, sans ambitions, sans rêves. Je n'étais rien dans le fond, un fantoche de chair, bonne à subir la vie. Voilà, à la subir et non à la vivre, puis il a débarqué comme ça sans crier gare. Il m'a sortie de là, de ce cercle vicieux dans lequel je m'étais embourbée, des soirée infernales, des clopes, de la vacuité elle même. Il m'a sauvé sans le savoir. Rien n'avait plus d'importance ce soir là, ni le café que je buvais inconsciemment, ni mes talons qui claquaient sur la pavé et encore moins les marques de mes vêtements. Quelles choses allaient avoir de l'importance? Mon seul but était le néant le plus absolu qui soit.
Puis j'ai retrouvé le rôle pour lequel je suis née: L'amoureuse, la maîtresse. Vous savez celui pour lequel toutes les filles sont faites, dont la pantomine consiste à avoir le coeur brisé au bout du compte. Devant ce verre, dans le petit bistrot je compris que c'était toi à cette simple phrase : "Tu ne sais pas qu'on regarde toujours dans les yeux celui avec qui on trinque? Tout d'abord parce que c'est poli, ensuite parce que c'est beau". Tu décernes toujours la beauté dans l'inutile, le banal, le quotidien. Tu la vois à chaque coin de rue, même mon coeur tout déglingué tu le trouvais sublime dans son effondrement. J'avoue ne pas comprendre ce qui a bien pu te séduire ce qui a pu charmé ton âme dès les premiers instants: Mes cheveux défaits, mes yeux trop brillants, mon parfum qui se mélangeait à l'odeur âcre des cigarettes, le sourire éteint qui j'arborais??
Quelle idiote je suis perdue.