Chroniques d'un autre été.

Chroniques d'un autre été.
C'est fou comme le vin peut faire dériver les conversations, comme un simple mot peut déclencher un cataclysme émotionnel. Je n'arrive plus à écrire, les mots m'échappent, s'enfuient de mon esprit avant d'avoir le temps de former une phrase cohérente. Je l'aime tellement, et Dieu, que j'ai tort de l'aimer à ce point. Je l'aime à me damner, et tout me semble dérisoire pour exprimer les sentiments qu'il provoque en mon âme. L'autre soir, après avoir un peu abusé sur le vin blanc avec mon meilleur ami, nous voilà partis dans une grande discussion philosophie: l'amour et les hommes. Nous n'avons pas le même passé lui et moi, il enchaine les filles du moins ils les enchainait autrefois tandis que j'ai une fâcheuse tendance à m'amouracher du premier crétin venu. Voilà maintenant un an que le même Dom Juan des bacs à sable partage ma vie, et que et lui ne comprend pas pourquoi je reste. C'est vrai que notre histoire est compliquée, que l'on se dispute souvent et que je pleure tous les soirs. Mais après tout, n'est ce pas plein de disputes un bonheur? Je veux que l'amour soit orageux, spontané, excessif. Je me refuse à une passion plate, lucide et banale, je ne veux pas me contenter de minuscules attentions, de bribes, non pire, d'ébauches d'amour. Je veux que cela soit plein, entier, véritable et si pour vivre une telle passion je dois verser quelques larmes, et bien soit !

J'aimerai qu'à chacun de mes pas lorsque je m'éloigne de lui, il frissonne à l'idée que je ne fasse jamais plus machine arrière. J'aimerai que son c½ur s'arrête de battre quand il entend le brut d'un talon aiguille claquant sur le pavé.

Je voulais qu'il se souvienne de moi, par un soir d'été où je me serais rendue inoubliable. Non pas par mes vêtements, ni par ma coiffure ou encore par mon maquillage, tout cela n'est qu'artifice. Non je voulais qu'il se souvienne de moi, pour le halo de lumière qui émanait alors de tout mon être. Qu'il se souvienne de ses frissons qui parcouraient ma peau, l'odeur de sable et de sel qui me collait au corps et de l'âpre fumée qui s'évadait de ma cigarette. La dernière qui aurait alors consumée les vestiges d'un passé trop présent. J'entends la voix de Gabrielle qui entonne "I can Fly".Qui aurait cru cela deviendrait notre chanson? J'emporte ton visage à titre posthume et garde le fantôme de notre histoire à mes côtés. Il me tiendra chaud, quand ton absence se fera trop sentir. Roulons jusqu'aux confins du réel, au bord de l'horizon où les rêves s'achèvent. Je veux me délecter de l'infini.
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 14:48

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 13:13

Oh Je te jure que l'amour en vaut la peine. Alors laisse ta main dans la mienne.

Oh Je te jure que l'amour en vaut la peine. Alors laisse ta main dans la mienne.
Je nous imagine déjà, dans deux ans. Je serait à la fac de Lettres si tout va bien, tu auras ton premier emploi, et depuis longtemps tu auras quitté ce studio miteux, où nous aurons passé tellement de nuits à se chercher, discuter de tout et de rien dans la pénombre, où simplement à écouter le bruit de la ville qui dort. J'étudierai trop, tu voudras me changer les idées, tu me forceras à sortir, à "prendre l'air". Cette expression est idiote. Nous irons au cinéma en bas de la rue, main dans la main, le stéréotype parfait du couple d'étudiant parisien, un peu bohème, libéré, innocent et niais. On fêteras tes vingt-deux ans avec les autres, dans un restaurant un peu trop chic pour nous, et on rentrera trop éméchés sans doute après avoir fait la tournée des bars pour se souvenir l'endroit où nous avions garé la voiture. Puis il y aura mes vingt ans. Je visualise déjà la scène, rien de romantique, je déteste ça juste une virée tous les deux coupés du monde. Vers le Sud ou encore en Italie si l'humeur nous prends. Un des avantages d'être née au beau milieu du mois d'août: Il y aura du soleil, ce sera l'été. J'aurai toujours peur de tout, tu t'énerveras encore parce que je ne sais pas lire une carte et je te hurlerai dessus car tu es impulsif et têtu. Comme aujourd'hui, nous nous disputerons pour des futilités et tu me prendras dans tes bras en marmonnant un incompréhensible je t'aime dans ta barbe naissante. Je trouve que tu as l'air d'un adolescent avec cette barbe de trois jours. Tu joueras de la guitare le soir, surement nos chansons préférées comme tu le fais si bien aujourd'hui. Je fredonnerai en rythme, puis viendrai m'asseoir à coté de toi sur le lit.

Puis on achètera de quoi décorer ton nouvel appartement, je laisserai trainer insidieusement mes affaires, jusqu'à ce que tu m'achète la fameuse brosse à dent qu'on attend toutes. On commandera chinois, et on dinera par terre devant la télé. Je te dévorerai des yeux, tu me diras d'arrêter car tu détestes ça. Je suis désolée, mais je ne peux pas m'en empêcher. Je veux m'imprégner de toutes les courbes de ton visage, qu'aucun de tes soupirs ne m'échappe, me souvenir de toi même lorsque je serai vieille et ridée. Tu m'aimeras jusque là? Jusqu'à ce que je ne sois plus que l'ombre de moi même? J'aimerai bien que tu m'aimes jusqu'à ce que "la mort nous sépare". On ne parlera jamais de mariage, juste pour ne pas rentrer dans les statistiques. Je te regarderai dormir le matin, tu te réveilleras me disant d'arrêter que tu te sens observer et que ça t'horripile alors je rirais je t'embrasserai dans le cou et j'irai préparer du café avec une de tes chemises sur le dos.


Alors j'espère que cette fichue monotonie des beaux quartiers, viendra s'installer entre nous, qu'on s'aimera comme ces couples clichés et si prévisibles. Que tu m'aimeras encore surtout, que ce ne soit pas comme la première fois.

# Posté le mercredi 25 février 2009 13:55

Chloe mon amour, à toi toujours. Dans tes grands yeux rien que nous deux.

Chloe mon amour, à toi toujours. Dans tes grands yeux rien que nous deux.
Je regarde dehors à travers la fenêtre perlée de gouttes de pluie. Je me laisse tomber contre le fauteuil de cuir noir et appuie ma tête sur l'accoudoir, je suis seul dans l'appartement elle ne tardera pas à rentrer ruisselante. Il n'y a aucun bruit.

Tu avais l'air si triste, je n'ai pu m'empêcher de tomber amoureux. Je me souviens encore de cet après midi où il me semblait te voir comme pour la première fois. Tu étais assise sur banc rouge en bas de la maison un livre posé sur tes genoux. Tu regardais vers le golfe, tu portais un marcel blanc et un short en jean, tu avais remonté tes cheveux en chignon et tes lunettes te donnaient un air bien plus sévère que tu ne l'es en réalité. Je suis resté un moment à t'observer, à m'imprégner de chaque détail de ta silhouette. Ta peau si blanche, laiteuse presque, me faisait penser à celle d'une poupée. Peut être avais tu conscience de ma présence derrière le mur, car tu replaçais sans cesse une mèche de cheveux derrière tes oreilles et je sais que cela traduit chez toi une grande nervosité. Tu avais l'air si fragile, comme si une simple bourrasque de vent pouvait te faire vaciller. A peine mon regard fut-il posé sur toi, je fus saisi par une irrépressible envie de te protéger, sans savoir pourquoi je ne pouvais supporter l'idée que quoi que ce soi puisse te blesser. Je voulais que tu saches que désormais j'étais là, même sans ton consentement je t'aurais sauver de tout, du froid, de la solitude, de la tristesse, des coups que nous donne trop souvent la vie. Puis tu as tourné la tête et tu m'as fixé de tes grands yeux noirs, cela n'a surement pas duré plus de quelques minutes mais j'aurais voulu que ton regard s'ancre dans le miens. Tu n'as rien dis tu as juste détourné la tête et repris ta lecture, je fus si troublé que je ne savais si je pouvais venir m'assoir près de toi.

Je ne sais pas ce qui m'a retenu de t'embrasser à cet instant précis car en y réfléchissant tout était parfait, je n'étais encore qu'un gamin ce doit être ça. Si tu avais pris ma main, je crois bien que tu aurais sentis mon c½ur battre à l'intérieur. Un peu comme Manech sentait battre celui de Mathilde, j'étais entièrement déstabilisé par ton manque d'intérêt et cette distance que tu mettais insensiblement entre nous. Plus les jours passaient, plus je me sentais attiré par toi, par cette gamine binoclarde qui se refusait à moi alors qu'une autre aurait été flattées par mon insistance. Puis un soir, tu m'as pris par la main et nous sommes sortis nous promener. Il faisait beau, le manque d'éclairage public fit qu'on voyait au mieux les étoiles. Nous avons pris le sentier qui mène jusqu'au champ en bas du village, tu tenais fermement ma main. Une fois arrivés, tu m'as lâché et tu t'es mise à courir. En te voyant ainsi, j'ai cru que c'était moi que tu cherchais à fuir en te cachant dans la pénombre, si seulement j'avais compris que tu voulais dissimuler ce corps qui ne t'appartenait qu'à moitié. Tu t'es allongée dans l'herbe et m'as fais signe de te rejoindre. Lorsque nous nous sommes retrouvés côtes à côtes, j'eus un bref mouvement des lèvres pour tout t'avouer mais tu ne me laissas même pas commencer ma phrase. Ta bouche se posa doucement sur la mienne et tes mains vinrent se placer rapidement dans mon dos. Combien de temps sommes nous rester à nous embrasser? Peu importe, j'avais si faim de toi mon amour, tu étais si belle sans tes lunettes, tes cheveux noirs lâchés tombaient en cascade sur tes épaules et je devait faire un terrible effort pour me contenir. J'étais avide de ta peau, il me semblait qu'à tout moment tu pouvais me reprendre le bonheur que tu venais de m'octroyer. Respirer ton parfum, te serrer contre moi, t'embrasser jusqu'à perdre haleine, tenir simplement ta main. Ah! Tu as fais de moi le plus heureux des hommes et le plus idiot aussi. Je te croyais mienne en ce soir de juillet et je voulais que ce sentiment dure une éternité. Je te croyais mienne alors que j'étais ton esclave. Ce soir là, j'aurais dû me rendre compte que nous étions voués à foncer droit dans un mur. Tous les signes avant coureurs étaient réunis, cette distance qui pérennisait du fait de l'obscurité, les émotions contradictoires que tu provoquais en moi. Tu étais trop éprise de ta liberté et c'était ce que j'aimais le plus chez toi, cette indépendance, comme si tu vivais en autarcie sentimentale.

Si ce soir, je m'approprie ton univers, je n'espère en aucun cas le salir. Je tenais juste à ce que tu saches que ces vacances d'été figurent parmi nos plus beaux moments. A jamais je veux me souvenir de toi dans cette lumière, dans cette maison, dans mes bras.

M.M.C

# Posté le dimanche 01 février 2009 16:59

Modifié le jeudi 23 avril 2009 14:06

C'est Toi que Je voulais. C'est Toi qu'il Me fallait. Toi que J'aimerai toujours. Ca sert à ça, l'Amour.

C'est Toi que Je voulais. C'est Toi qu'il Me fallait. Toi que J'aimerai toujours. Ca sert à ça, l'Amour.
Moi je ne vis qu'a travers ses yeux.


Je t'entends encore nous comparer à Bonnie et Clyde, fredonnant de ta voix grave cette chanson que l'on aime tant. Tes cheveux brillent dans cette lumière, ils irradient alors que le jour meurt, et je sens que c'est une ébauche de bonheur. Mon coeur ne bat ni plus vite, ni plus lentement, il est paisible posé contre le tiens. Je sais que l'on nous envie, que l'on nous admire, que l'on nous injurie, que l'on nous méprise. Je ne peux cependant pas rester calme en ta présence, alors j'espère que tu ne m'en voudras pas d'être euphorique, de rire sans raison, d'être lunatique et égocentrique. Les jours passent et ne se ressemblent pas.

C'est lui qui m'a trouvé, vangabonde des boulevards. J'étais perdue, complètement paumée au milieu de l'existence, sans espoirs, sans ambitions, sans rêves. Je n'étais rien dans le fond, un fantoche de chair, bonne à subir la vie. Voilà, à la subir et non à la vivre, puis il a débarqué comme ça sans crier gare. Il m'a sortie de là, de ce cercle vicieux dans lequel je m'étais embourbée, des soirée infernales, des clopes, de la vacuité elle même. Il m'a sauvé sans le savoir. Rien n'avait plus d'importance ce soir là, ni le café que je buvais inconsciemment, ni mes talons qui claquaient sur la pavé et encore moins les marques de mes vêtements. Quelles choses allaient avoir de l'importance? Mon seul but était le néant le plus absolu qui soit.

Puis j'ai retrouvé le rôle pour lequel je suis née: L'amoureuse, la maîtresse. Vous savez celui pour lequel toutes les filles sont faites, dont la pantomine consiste à avoir le coeur brisé au bout du compte. Devant ce verre, dans le petit bistrot je compris que c'était toi à cette simple phrase : "Tu ne sais pas qu'on regarde toujours dans les yeux celui avec qui on trinque? Tout d'abord parce que c'est poli, ensuite parce que c'est beau". Tu décernes toujours la beauté dans l'inutile, le banal, le quotidien. Tu la vois à chaque coin de rue, même mon coeur tout déglingué tu le trouvais sublime dans son effondrement. J'avoue ne pas comprendre ce qui a bien pu te séduire ce qui a pu charmé ton âme dès les premiers instants: Mes cheveux défaits, mes yeux trop brillants, mon parfum qui se mélangeait à l'odeur âcre des cigarettes, le sourire éteint qui j'arborais??



Quelle idiote je suis perdue.


# Posté le mardi 12 août 2008 16:41

Je me souviens de notre maison au bord de l'eau. Enfin, je dis au bord de l'eau, c'était plutôt notre résidence secondaire, qui si situait non loin de la Mediterranée. Elle était d'une clarté étonnante, peut être était-ce dû aux larges fenêtres qui dominaient l'horizon, aux couleurs froides des murs ou encore à l'immensité des pièces. Mais je m'y sentais comme dans une immense couverture, chaude, épaisse et protectrice. Une de celles qui lorsque vous êtes enfant, vous sauve de toutes sorte de cauchemars, qui vous fait échapper à la nuit si noire ou vous cache d'un plein soleil. Une dont on a du mal à se séparer lorsque l'on voit s'approcher à grand pas : "l'âge adulte".

Je me souviens je m'y sentais en sécurité.

Lorsque l'on passait la grille d'entrée, je me souviendrais toujours de cette majesté qui émanait alors de cette grande batisse blanche. J'avais l'impression de revenir là où était ma véritable place. De redevenir celle que j'aurais toujours dû être. J'oubliais toute ma vie à Paris, le traffic, les gens, le collège, l'amour. Je ne pensais plus qu'à ce soleil qui irradiait, qu'à la mer si proche de ma chambre que je pouvais entendre le fracas des vagues sur les rochers. Je ne pensais qu'aux soirées où je marcherait le long de la route, à l'odeur de l'herbe, à celle du sel dans mes cheveux défaits. Ce que j'aimais le plus dans cette maison, c'était de m'y reveiller chaque matin, de sentir la lumière du jour transpercer mes volets et illuminer mon visage. Ouvrir les yeux sur cette chambre beige, aux meubles anciens et aux étagères couvertes de livres. La plupart appartiennent à ma mère, et datent de ses années de lycée. Je m'amusais souvent à en prendre un le soir, n'importe lequel, et à en dévorer des pages et des pages sans même les comprendre. Juste pour le plaisir de sentir les mots tournoyer dans l'air, prendre possession de ce que j'étais. Mon amour pour les livres vient surement de là. De cette chambre, de ces livres et de ma névrose.

Parfois il était très tôt, si tôt même que la maison sombrait dans un silence tel que l'on pouvait douter d'une queconque présence humaine. Pas un bruit de respiration. Ou alors il était faible, comme si l'on avait peur de déranger le jour naissant, de l'empêcher de poindre avec sa splendeur habituelle. Souvent je déscendais dans le jardin, les pieds nus pour sentir un frisson naître au creu de mes reins et s'épanouir le long de ma colonne vertébrale. Mais aujourd'hui je la redécouvre cette maison. Elle prend forme sous mes yeux comme si elle avait été reconstruite il y a peu de temps. Ta silhouette se dessine, puis lentement la mienne se place à ses côtés. Le vent défait mes cheveux, et ta main presse doucement la mienne. Maintenant je ne marche plus seule dans les couloirs, et je n'arpente plus la plage comme une âme en peine. Désormais des éclats de rire se heurtent aux murs, aux fenêtres, deux voix d'enfants résonnent dans cette immense maison, et l'amour y loge.

# Posté le dimanche 22 juin 2008 16:36

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 06:26